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Bébé

Aidez-moi, j’ai le baby blues

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Aidez-moi, j’ai le baby blues

Vous venez d’accoucher. Vous devriez rayonner de bonheur. Et pourtant, vous pleurez comme une madeleine. Inutile de vous inquiéter, il se peut tout simplement que vous souffriez d’un baby blues temporaire et extrêmement courant. Sofie, médecin généraliste, vous explique les raisons de ce trouble de l’humeur et vous apprend à le distinguer de la dépression post-partum.

Qu’est-ce que le baby blues ?

1. Le baby blues est un état d’hypersensibilité émotionnelle que connaissent pratiquement toutes les femmes qui ont accouché. Le corps subit en effet d’énormes bouleversements en très peu de temps. Après l’accouchement, les hormones jouent au chat et à la souris avec vous. Manque de sommeil, épuisement physique, production de lait et anxiété vous font perdre le nord et vous font douter de tout.  

2. Plus de la moitié des femmes en souffrent entre le troisième et le sixième jour suivant l’accouchement. 

3. Le baby blues peut durer de quelques jours (souvent deux ou trois) à quelques semaines. Il arrive parfois qu’il survienne après deux semaines.

 

Quels sont les symptômes du baby blues ?

Les symptômes sont variables selon les femmes et ne se manifestent pas tous simultanément.

  • Au début, seuls des superlatifs vous viennent à la bouche quand vous parlez de votre bébé… C’est le plus beau bébé au monde, c’est évident. Vous vivez sur votre petit nuage. Toutes les traces de l’accouchement, qui vous a pourtant épuisée, disparaissent sous l’effet d’une potion magique constituée d’adrénaline et d’une super poussée hormonale.
     
  • Le deuxième soir, c’est débordant d’entrain et d’amour que vous dites aurevoir au jeune papa, qui s’apprête à passer la nuit à la maison. Love is in the air… C’est l’esprit tranquille qu’il vous laisse à l’hôpital. La maman et l’enfant s’en sortent magnifiquement bien.
     
  • Et, patatras, le 3e jour, vous l’appelez en pleurant et complètement désespérée, parce que vous êtes convaincue qu’il ne vous trouvera plus jamais attirante ou parce que votre bébé n’est plus aussi adorable et parfait qu’au début. Votre partenaire en perd son latin...

Ce phénomène, dont le principal symptôme est un tsunami de larmes, est mieux connu sous le nom de ‘baby blues’.
 

Aperçu des symptômes : 

  • crises de larmes inexplicables, abattement
  • irritabilité et hypersensibilité, sautes d’humeur
  • insomnie due à l’excès de fatigue
  • pensées négatives et sombres
  • hantise de l’échec, sentiment d’incapacité face à la maternité

 

Que faire en cas de baby blues ?

1. Le baby blues est tout à fait normal. Aucun traitement spécifique n’est nécessaire, hormis un maximum de soutien, de compréhension et de réconfort.

2. Une femme avertie en vaut deux. Inutile de lutter. Vous savez qu’il va disparaître aussi soudainement qu’il est apparu ! 

3. Mettez à profit cette période pour vous faire dorloter et vous reposer un maximum. Faites appel aux autres pour s’occuper de votre bébé. Tentez de chasser votre inquiétude concernant la douloureuse épisiotomie que vous avez subie et les autres petits et gros tracas.

 

Qu’est-ce que la dépression post-partum ?

1. Une étude a démontré qu’il existe un lien entre le baby blues et la dépression post-partum : chez 20 à 25 % des femmes, le baby blues dégénère en dépression post-partum.

2. De 10 à 15% des femmes souffrent d’une dépression après l’accouchement. La dépression post-partum est une dépression qui survient dans l’année suivant l’accouchement. Elle a des conséquences sur l’attachement et l’interaction avec l’enfant.
 
3. Parfois, la dépression est associée à des plaintes d’ordre général telles que la fatigue, mais le fait de se lamenter que l’enfant pleure trop ou de se poser trop de questions concernant la manière de s’en occuper peuvent être d’autres signaux…

 

Quand le risque de dépression post-partum est-il accru ?

1. Le risque est plus élevé chez les femmes qui ont déjà souffert de dépression (25 à 30%) et ont été aux prises avec des troubles dépressifs durant la grossesse. Si vous avez déjà souffert d’une dépression post-partum, le risque de rechute est de 50%.

2. Une relation insatisfaisante peut également augmenter le risque.

3. Un soutien social inadéquat (une relation difficile avec sa propre mère ou l’absence de mère en particulier).
 
4. Ensuite, relativement souvent, les sentiments ambivalents et négatifs à l’égard de l’enfant, l’anxiété de ne pas savoir s’occuper de l’enfant, l’idée obsessionnelle de risquer de faire du mal à l’enfant, la crainte et les pensées suicidaires entrent également en ligne de compte. 

Quelques semaines se sont écoulées depuis l’accouchement et vous vous sentez toujours incomprise, hésitante, épuisée ou irritable ? Vous doutez encore être une bonne mère ? Contactez votre médecin traitant. Et surtout, ne vous inquiétez pas : rechercher de l’aide et l’accepter constituent déjà la moitié du traitement. 

Avec votre médecin traitant et/ou d’autres personnes de confiance, vous parviendrez à sortir de ce cauchemar pour retomber dans le rêve.

 

Par Dr Sofie Vanderoost – Médecin généraliste