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Entre les couches et l’appel de l’oreiller : le sexe après l’accouchement

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Entre les couches et l’appel de l’oreiller : le sexe après l’accouchement

Après une journée de travail et une fin de journée sur les chapeaux de roues avec votre bébé, vous n’êtes pas d’humeur à faire des galipettes ? Lui oui ? Lui non plus ? Vous oui, mais lui pas ? Vous avez envie tous les deux, mais bébé en décide autrement ? Ou vous ressentez encore de fortes douleurs ? Le sexe après bébé est parfois aux abonnés absents. Pourtant, avec un peu d’imagination, il peut vous réserver d’agréables surprises. En visite chez le sexologue !

Une deuxième première fois

Les douleurs de l’épisiotomie ou de la déchirure, la sensibilité du vagin, la sécheresse vaginale due au bouleversement hormonal (surtout si vous allaitez !) ou d’autres motifs encore peuvent expliquer qu’après un accouchement, la pénétration puisse être différente, voire douloureuse. Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion de vous en rendre compte. Ou peut-être avez-vous peur de franchir le pas. 

Il est un fait que faire l’amour après une naissance s’apparente en quelque sorte à une deuxième première fois. Vous devez être physiquement (vous) et mentalement (tous les deux) prêts. Ce n’est pas parce vous avez reçu le feu vert théorique du médecin après environ six mois que, dans la pratique, votre corps se sera rétabli à ce même rythme théorique moyen. Ou que vous devez passer à l’acte immédiatement. Chaque chose en son temps. 

Ne réprimez pas vos émotions. Expliquez à votre partenaire ce que vous ressentez pour qu’il puisse vous aider et comprendre. Sachez également que le but de la sexualité n’est pas de faire mal. Vous ne devez donc jamais serrer les dents. Si vous ressentez des douleurs ou avez la moindre inquiétude, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

 

Une envie moins présente

La prolactine dont vous avez besoin pour produire du lait maternel a des effets secondaires au lit : la sécheresse vaginale et une libido en berne. Ces symptômes sont parfaitement normaux. À cela s’ajoutent un manque de sommeil, une intimité plus limitée et une vie complètement chamboulée. Ce qui n’aide pas. Avouons-le néanmoins, ce manque d ’envie vient parfois fort à propos. 

Si vous êtes mentalement prête mais votre corps est à la traine, un lubrifiant peut faire des miracles. Attention, il ne s’agit nullement d’un palliatif utile pour les moments où l’excitation n’est pas au rendez-vous. Il faut toujours prendre le temps de faire monter le désir. C’est aussi le cas maintenant.

 

Une nouvelle routine sexuelle

Votre nouvelle vie va de pair avec une nouvelle routine. Et, donc, avec une nouvelle routine sexuelle. Il vous faudra probablement chercher ce qui vous convient désormais sur le plan du sexe et de l’intimité. Qu’est-ce qui fonctionne encore ? Qu’est-ce qui ne va plus ? 

N’oubliez cependant pas que votre nouvelle vie et la perte des repères sexuels anciens vous obligeront à quitter votre zone de confort. Avec un peu d’ouverture et de créativité, vous découvrirez probablement des choses que vous n’avez jamais expérimentées auparavant et qui peuvent être très agréables. 

Les ébats à un autre moment ? À un autre endroit ? Essayer de susciter le désir d’une autre manière ? Réinventer sa vie sexuelle peut être un vrai plaisir et donner un coup de fouet à votre relation intime. Et vous pouvez être fiers de vous et de votre relation car, en dépit d’une situation qui constitue un véritable défi, vous parvenez malgré tout à être proches.

 

L’un est déjà prêt et l’autre pas ?

Personne n’aime être éconduit et personne ne repousse son partenaire de gaité de cœur. Surtout pas dans le feu de l’action. Et certainement pas systématiquement. Parlez-en à un moment plus calme et moins chargé en émotions. Discuter de ce qui ne va pas, de ce que vous pourriez améliorer ou de ce qui frustre l’autre est passionnant, mais ne débouche pas sur grand-chose à cet instant. 

Examiner la situation en faisant preuve de compassion pour l’autre et pour vous est plus constructif. Essayez de comprendre ce que l’autre ressent, tout en étant indulgente pour votre propre situation. Le petit adage simple ‘Nous ne sommes tous les deux que des êtres humains’ permet d’aplanir bien des difficultés.

Reality check

Avec ou sans jeunes enfants, dans une relation monogame de longue durée, la probabilité que vous ayez tous les deux envie exactement au même moment est statistiquement pratiquement inexistante. Ce n’est pas un problème. Il y en aura toujours un pour ouvrir le bal, tandis que l’autre lui emboîtera le pas, ou pas. C’est le jeu. Et, à ce niveau, le jeu ne change pas.

 

L’appétit vient en mangeant

Laissez-vous une chance. L’envie viendra peut-être en cours de route. Si, par contre, au bout de dix minutes, vous vous rendez compte que vos tentatives sont vouées à l’échec, dites-le tout simplement. Ce n’est pas un drame. Même si votre essai n’a pas débouché sur la séance torride que vous espériez tous les deux, vous avez quand même partagé un moment. Vous avez fait une tentative. Et c’est cela qui fait la différence..

Il est parfaitement normal que sur le plan sexuel, tout n’aille pas toujours comme sur des roulettes. Il est toutefois important que les deux partenaires aient le sentiment d’affronter la situation ensemble, de s’intéresser à l’autre, d’aller dans la bonne direction. Et sachez-le, la plupart des couples parviennent à relancer leur vie sexuelle après la naissance d’un bébé.

 

Du temps…

Inscrire les relations sexuelles à l’agenda et dégager littéralement du temps pour ces moments est une bonne idée. Mais le temps à lui seul ne suffit pas à faire naître l’envie. Créez une sorte de ‘petite île’ où vous disposerez non seulement de temps, mais aussi d’intimité, d’énergie et d’attention l’un pour l’autre. Concevez un plan. Confiez votre bébé à quelqu’un pour une nuit. Essayez de voir comment vous pouvez réellement vous consacrer du temps l’un à l’autre. Voyez comment recréer le lien.

 

… Et un endroit

Il est tout à fait compréhensible que vous ne soyez pas submergée par le désir quand vous êtes dans votre buanderie, entourée de montagnes de linge. Mais même le lieu par excellence de tout ébat sexuel, à savoir le lit, ne convient pas toujours non plus. Votre cerveau l’associe en effet aux nuits interrompues, au fait d’être crevée quand vous vous couchez et quand vous vous levez. Dans un tel environnement, il est possible que votre cerveau ne suscite pas l’étincelle nécessaire. Quel endroit vous inspire ?

 

La fatigue n’est pas un problème

‘Maintenant, nous avons le temps mais rien n’y fait…’. Vous êtes couchés, totalement épuisés, quand arrive votre ‘moment sexe’ ? Ce n’est pas grave. Il se peut parfaitement que vous soyez complètement crevés tous les deux et la frustration ne risque pas de vous aider. N’attendez cependant pas d’être complètement à la ramasse avant de vous consacrer du temps, car le résultat risque de ne pas être à la hauteur de vos espérances. De même, n’attendez pas non plus qu’il soit minuit ou minuit et demi un soir de semaine. N’oubliez quoi qu’il en soit pas, quand vous êtes tous les deux fatigués et avez besoin d’un petit remontant, que faire l’amour n’est pas qu’une question d’effort, mais procure aussi du plaisir.

 

Et au plus profond de vous ?

Faire l’amour est une composante de la relation. Mais la relation est également une composante de votre vie sexuelle. Peut-être le problème est-il d’une autre nature. Il est important de toujours préserver le lien : l’intimité consiste aussi à prendre le temps de discuter longuement.

 

Faites le grand saut 

Vous vous rappelez certainement la sensation que vous éprouvez quand vous nagez mais ce n’est qu’une fois que vous êtes à l’eau que vous pouvez la ressentir à part entière. En d’autres termes, vous pouvez cogiter, y réfléchir et en parler pendant des heures, mais, en fin de compte, faire l’amour n’est pas quelque chose que vous faites avec votre tête. Mais bien avec votre corps. Ce n’est qu’une question de pratique : en expérimentant, vous découvrirez ce qui marche désormais pour vous.

Le saviez-vous

‘… Après l’accouchement, le plancher pelvien de certaines femmes a du mal à se détendre pendant les relations sexuelles (dyspareunie). La peur de se jeter à l’eau, un vagin un peu plus sec, une expérience précédente plutôt douloureuse : lorsque vous êtes nerveuse, votre plancher pelvien risque de se contracter. Un thérapeute spécialisé peut vous aider à réapprendre à vous détendre lorsque vous faites l’amour.’

- Dorien Van den Bogert, thérapeute spécialiste du plancher pelvien

 

True stories (anonyme)

‘Nous avons passé toute la soirée dans un café, nous avons parlé, ri, bu du vin et, ensuite, le passage à l’acte s’est fait tout naturellement. Ce passage se fait moins facilement quand vous passez toute la soirée à vous occuper des enfants et du ménage. Il est clair que vider le lave-vaisselle n’est pas l’acte le plus stimulant sur le plan sexuel.’

‘Ressentir le contact de la peau nue de l’autre au lit est particulièrement intime. Nous ne sommes pas encore prêts pour refaire l’amour, mais nous préservons le lien.’

‘Je ne parviens pas à me concentrer sur des moments sexy quand bébé dort dans notre chambre ou quand j’entends le babyphone. Pour moi, bébé doit être complètement absent pour que je puisse me libérer totalement. Faire l’amour dans le fauteuil : check.’

‘Nous y sommes allés progressivement, petit pas par petit pas : c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés pour la première fois. Avec quelques rires lorsque du lait s’est mis à jaillir subitement ou quand bébé a commencé à babiller dans son nid d’ange.’

‘Nous faisons moins l’amour qu’avant. Parce que nous avons moins de temps, mais aussi moins envie. Honnêtement, quand je sais que c’est le grand soir, je suis toujours impatiente. Mais, quand le moment arrive, j’ai plus envie de me reposer tranquillement ou d’aller dormir tôt. Lui aussi d’ailleurs. Après neuf mois de nuits incomplètes, nous sommes carrément sur les genoux.’